s. f. Action par laquelle on esteint, on amortit une chose. L'extinction d'un grand incendie se fait difficilement. Quand il est petit, ou dans la cheminée, on en fait l'extinction en bouchant les ouvertures, en empeschant qu'il ne prenne de l'air, comme enseigne Savot dans son Architecture Françoise. Les fermes du Roy s'adjugent à l'extinction de la chandelle ; & on dit au premier feu, au second feu, quand on allume de petites bougies pendant la durée desquelles on reçoit les encheres. On fulmine aussi les excommunications à l'extinction de la chandelle. La mort d'un vieillard vient de l'extinction de la chaleur naturelle.

On dit aussi en Morale, l'extinction d'une pension, d'une rente, lors qu'elles sont amorties, ou rachetées, ou qu'elles cessent. L'extinction d'une charge, d'un droit, d'une imposition, lors qu'on les revoque, qu'on les supprime, qu'on les esteint.

EXTINCTION, se dit aussi en Chymie & en Pharmacie, lors qu'on esteint dans quelque liqueur des mineraux rougis au feu, soit pour adoucir leur acrimonie, comme à la tuthie ; soit pour communiquer leur vertu à la liqueur, comme celle de l'acier à l'eau, celle des briques à l'huile ; soit pour leur donner quelque trempe, comme à l'acier, qui se fait par l'extinction d'un fer chaud dans de l'eau, ou dans quelque preparation convenable.