v. act. & neut. Oster la respiration d'un air frais. Cette chambre est chaude comme une estuve, on y estouffe. On estouffe entre deux matelas ceux qui ont la rage. Il y avoit si grande presse en cette ceremonie, qu'on a failli à m'estouffer. L'apoplexie estouffe, parce qu'elle bouche les conduits de la respiration. On dit aussi, que des habits estouffent, quand ils sont trop chauds & trop lourds. On dit encore, qu'on a failli à estouffer de rire, quand un ris violent empêche de parler, ou de respirer. La fumée estouffe. Les eaux estouffent ceux qui se noyent. Ce mot vient de stufare, qu'on a fait de stufa, qui signifie estuve. Menage.
ESTOUFFER, se dit figurément en Morale. Il faut cacher & estouffer son ressentiment. Souvent on est obligé d'estouffer ses souspirs, ses plaintes, ses pensées. Ce Satyrique a de bons mots qui l'estouffent, s'il ne les met au jour. Ce Prince a estouffé l'hydre de la rebellion, comme Hercule estouffa des serpens dans le berceau.
ESTOUFFER
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- Written by: Antoine Furetière
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