v. act. Exposer de la marchandise en vente, la mettre à l'estalage, à la veuë du public. Ce Boucher estale sa viande, ce Mercier sa mercerie. Il est deffendu d'estaler certains jours & en certains lieux.
ESTALER, se dit aussi de ce qui est desployé, exposé aux yeux. Le paon estale sa queuë en parade. Corneille a dit dans le Pompée :
... pompeusement estale
Une indigne curée aux vautours de Pharsale.
ESTALER, en termes de Marine signifie, Mouiller pendant un vent ou une marée contraire à la route, pour attendre un temps plus favorable, sans bouger d'une place. Quand la tempeste est trop forte, au lieu d'estaler les marées, il faut relascher au premier port. Nicod avec Postel tient que ce mot vient du Grec estallon, derivé de stallo, qui signifie j'arrange, je mets en ordre. Menage le derive de stallare, comme estau de stallum, qui a esté fait de stabulum.
ESTALER, se dit figurément en choses morales, de ce dont on fait vanité, parade, de ce qu'on met en montre. Ce Docteur a estalé tout ce qu'il sçavoit de bon en cette conference. L'art d'un Orateur est de bien sçavoir estaler ses raisons, de les bien desduire. Les beautez dans le bal estalent tous leurs charmes. Les Princes estalent leur magnificence dans les grandes ceremonies.
ESTALER
- Details
- Written by: Antoine Furetière
- Category: Non classifié
- Hits: 966