s. m. Chez les Medecins le peuple le fait feminin. Remede topique qu'on applique sur quelque playe ou tumeur, composé ordinairement d'onguent étendu sur du linge ou du cuir. On fait des emplastres stomachiques, cephaliques, stiptiques, hepatiques, diaphoretiques, resolutifs, detersifs, remollitifs, incarnatifs, astringens, & conglutinatifs, &c. L'emplastre le plus commun est celuy de diapalma, qui est ainsi nommé, à cause qu'on le remuë avec une spatule de palmier, ou qu'on y mêle quelque rameau incisé de palme. L'emplastre blanc ou de diachylon est ainsi nommé à cause de sa couleur, & des mucilages qui y entrent : l'emplastre de polichreste, à cause qu'il guerit toute sorte d'ulceres, & même la bruslure : l'emplastre divin ou de manus Dei, qui est pour les pauvres : l'emplastre magnetique d'André de Sala & de Paracelse. On fait même des emplastres de charpi, de safran, & de vinaigre, qu'on appelle oxicroceum, pour les maux de matrice. Un emplastre de ranis pour l'encloüeure des chevaux, & d'une infinité d'autres sortes. Ce mot vient du Grec emplatto, qui signifie mettre en masse, enduire par dessus, parce que l'emplastre se fait de diverses sortes de simples amassez en un corps espais & gluant.

On dit figurément, Mettre un emplastre à une affaire, quand on trouve quelque remede pour couvrir & excuser quelque faute qu'on a faite.

On dit figurément & proverbialement d'une personne qui n'a ni vigueur ni santé, qui est incapable d'agir, que c'est une bonne emplastre, une pauvre emplastre.