s. m. qui se dit de vieux morceaux d'estoffe, ou de linge. Les gueux ont des habits faits de vieux haillons & drapeaux.

DRAPEAU, se dit aussi ironiquement de toute estoffe, quoy que neuve, qui n'a pas la force, la bonté qu'elle doit avoir. Je ne veux point de ce drap, il est mal foulé, il est trop lasche, ce n'est que du drapeau, c'est un vray drapeau qui ne durera rien.

On appelle absolument du drapeau, le vieux linge qu'on ramasse, & dont on fait du papier. Il y a tel moulin qui consomme tous les ans pour dix mille francs de drapeau.

DRAPEAU, en termes de Guerre signifie, Estendart. Il se dit generalement de toutes les enseignes. Il a combattu sous les drapeaux de ce General, il a suivi ses drapeaux. On a pris tant de drapeaux dans cette bataille. On y comprend en ce sens les cornettes & les guidons. Ce mot vient de drap, parce qu'on faisoit autrefois les enseignes de cette estoffe. On le dit plus particulierement d'une enseigne d'une Compagnie d'Infanterie. Il faut qu'un soldat se range sous le drapeau au premier son du tambour.

DRAPEAU, signifie aussi la charge de l'Officier qui le porte. Le Roy a donné un drapeau à ce vieux soldat, pour dire, une charge d'Enseigne dans une Compagnie de gens de pied.