v. act. & neut. Témoigner en Justice la verité d'un fait, declarer ce qu'on en a veu ou ouï. On fait faire serment aux témoins de deposer la verité. Un tel témoin depose de visu. On dit figurément, Le remords de la conscience est un témoin qui depose continuellement contre nous.

DEPOSER, signifie aussi, Mettre en lieu seur, consigner, mettre une chose entre les mains d'une personne pour la garder, pour en avoir soin. On oblige de deposer au Greffe une piece maintenuë fausse. On depose chez un Notaire, aux Consignations, les sommes saisies, ou celles où il y a des oppositions, ou contestations.

DEPOSER, se dit aussi des corps morts qu'on laisse dans une Eglise, quand on les veut transporter ailleurs. On a deposé le corps de ce Seigneur dans une Chapelle de sa Parroisse, jusqu'à ce qu'on le transporte dans le tombeau de ses peres. Pendant le voyage il le faut deposer la nuit dans l'Eglise du lieu où on couche.

DEPOSER, se dit figurément en choses morales. Le Roy depose une partie de son autorité entre les mains de ses Magistrats, pour rendre justice à ses peuples, pour gouverner ses villes & ses armées. On est heureux d'avoir un ami dans le sein duquel on puisse deposer ses pensées, ses secrets, ses joyes, ou ses douleurs.

DEPOSER, signifie aussi, Oster quelqu'un d'une dignité, d'une charge, d'un employ. Il y a eu des Papes qui ont été deposez dans des Conciles ; des Papes & des Empereurs qui se sont deposez eux-mêmes, qui ont renoncé volontairement à leur dignité. Les Papes ont autrefois pretendu, mais abusivement, de pouvoir deposer les Rois. Quelquefois on depose les Officiers par forfaiture, parce qu'ils font mal leurs charges. On le dit plus ordinairement des Officiers Ecclesiastiques, que des autres.