v. act. Destruire une chose faite, la demonter, la mettre en pieces. On deffait en un temps ce qu'on a fait en un autre. Il a deffait son lit. Il a deffait sa monstre. En ce même sens on dit qu'un homme s'est deffait luy-même, qu'une femme a deffait son fruit, qu'on deffait des criminels qu'on execute à mort, parce qu'en effet on les destruit. Du Cange dit que ce mot vient du Latin disfacere.
DEFFAIRE, signifie aussi, Mettre en desroute des gens de guerre, les obliger à fuir, les tailler en pieces. Samson avec une maschoire d'asne deffit les Philistins. Alexandre deffit les Perses en trois batailles rangées.
En ce sens on dit au figuré, Deffaire quelqu'un dans la dispute, pour dire, le mettre hors de combat, & le reduire à n'oser ou ne pouvoir plus parler. Ce respondant s'est deffait dés le premier argument. Ce criminel s'est deffait au milieu de son interrogatoire.
DEFFAIRE, signifie aussi, Quitter, abandonner. Je me suis deffait de cette maison qui me coustoit trop à entretenir. Il s'est deffait de son Benefice à pension. Il se faut deffaire de toutes ses mauvaises habitudes. On a du mal à se deffaire des importuns & des gens incommodes. L'esprit a du mal à se deffaire des opinions dont il est bien preoccupé. Il s'est deffait adroitement de ses gardes, il s'est eschappé.
DEFFAIRE, signifie en ce sens, Vendre, troquer. Ce cheval est beau, il vous sera aisé de vous en deffaire. Ce Marchand a quitté le trafic, & s'est deffait de toute sa marchandise en faveur de son neveu. Ce curieux ne veut point se deffaire de ce tableau.
DEFFAIRE, signifie encore, Effacer par un plus grand éclat ou brillant. Les Dames n'aiment point à avoir de belles Suivantes qui les deffacent. Les couleurs vives & éclatantes deffont celles qui sont plus douces.
DEFFAIRE
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- Written by: Antoine Furetière
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