v. act. Joindre delicatement une chose à une autre par le moyen de quelque filet, qu'on passe dans les bords de l'une & de l'autre chose. C'est le métier des femmes, de coudre en linge, en drap, avec l'aiguille. Les Cordonniers, les Bourreliers cousent les cuirs avec les alesnes. Les Chirurgiens cousent delicatement les playes. Ce mot vient de consuere. Nicod. D'autres le derivent de l'Hebreu cout, qui signifie du fil.

COUDRE, se dit figurément en choses spirituelles, comme des passages d'Auteurs, des histoires, & autres choses qu'on adjouste dans les Ouvrages d'esprit pour les allonger, ou pour les orner. Juste Lipse a fait un Livre de Politiques, où il n'a mis que des particules pour coudre les passages des Auteurs. Desmarêts a dit dans les Visionnaires,

Il ne faudroit qu'y coudre un morceau de Roman.

On dit en ce sens, Il faut coudre la peau du renard avec celle du lion, pour dire, que ce n'est pas assez d'employer la force contre ses ennemis, il faut se servir aussi contre eux de finesse, & agir avec prudence. On dit aussi des affaires desesperées, qu'on ne sçait plus quelle piece y coudre, pour dire, quel remede y apporter.