v. act. Transmuer, faire changer de nature à quelques corps. JESUS-CHRIST aux nopces de Cana convertit l'eau en vin. Dans la consecration le pain & le vin se convertissent au vray corps & au sang de JESUS-CHRIST. Les aliments digerez se convertissent en nôtre substance. L'eau congelée dans les grottes se convertit en cristal.

CONVERTIR, se dit aussi des alterations & changements qui se font par la generation & corruption, ou autrement. Le feu convertit le bois en cendre. Cette sauce se convertit en huile. La glace fonduë se convertit en eau. On convertit son or & son argent en monnoye en changeant les especes. Tous les grands desseins de ce Prince se sont convertis en fumée. La querelle des Auteurs se convertit souvent en risée.

On dit aussi d'un homme qui a changé son bien de nature, qu'il a converty ses heritages en effets mobiliaires, qu'il a converty une rente au denier 18. en une rente au denier 20. qu'un bail conventionnel a été converty en bail judiciaire ; qu'un appel a été converty en opposition.

CONVERTIR, se dit figurément en choses morales, pour dire, Remettre les desvoyez dans la bonne voye, leur faire changer de moeurs & de creance. Les Apôtres ont converty les Gentils à la Foy. On a converty ce libertin, cet Heretique. Un tel débauché s'est converty, & s'est mis dans la devotion.

CONVERTIR, signifie aussi, Renverser une proposition, un argument. Tout ce qui est étendu en longueur, largeur & profondeur est un corps. Tout corps est étendu en longueur, largeur & profondeur. Voilà deux propositions qui se convertissent. On fait la même chose à l'égard des arguments.