v. act. Satisfaire quelqu'un, le rendre heureux ou content, soit en paroles, soit en argent. Il s'est contenté de ce qu'on luy a dit, du party qu'on luy a accordé, du payement qu'on luy a fait, de la reparation qu'il a receuë. Cet Advocat contente bien ses parties. Cet Ouvrier contente bien ses chalands. Ce Maistre se contente fort du service de ce valet. L'ambition & l'avarice ne se contentent, ne s'assouvissent jamais.

CONTENTER, signifie aussi, Donner ce qui est propre pour satisfaire. C'est un homme qui est insatiable, qu'on ne peut jamais contenter. Je n'ay point trouvé de raison, d'expression qui me contente, qui me satisfasse sur cet article. Cet Auteur retouche toûjours à son Ouvrage, il ne se contente jamais. On dit en ce sens, Contenter ses passions, ses appetits, pour dire, leur donner ce qu'ils demandent. Contenter nature, contenter sa vanité, son ambition, sa curiosité.

CONTENTER, signifie encore, Appaiser, faire taire. Contentez cet enfant, donnez luy ce qu'il demande. Il faut contenter les petits creanciers, pour empêcher qu'ils ne crient. Les mutins ne quitteront point les armes, si on ne les contente.

CONTENTER, signifie encore, Suffire. Il ne s'est pas contenté de trahir sa conscience par de faux serments, il a encore pratiqué de faux témoins. Contentez vous que je ne vous poursuis pas en justice comme je devrois. On dit en ce sens, que la nature se contente de peu, qu'il se faut contenter de ce qu'on a, pour dire, qu'il faut peu de chose pour vivre, que le reste est superflu.