v. act. Avoir soin d'une chose pour empêcher qu'elle ne se perde ou ne se gaste. On a bien de la peine en France à conserver son bien à cause de la chicane. il faut conserver, mesnager ce fonds d'argent, pour s'en servir dans la necessité. les fruits d'esté ne se conservent pas, s'ils ne sont confits. les beaux meubles ne se peuvent conserver, si on n'a des gens qui soient propres.

On dit aussi d'une femme qui est encore belle, quoy qu'un peu âgée, qu'elle se conserve bien, qu'elle a bien conservé son teint ; & au contraire d'un homme qui est malade pour faire souvent des excez, qu'il ne se conserve point.

On dit, Conserver ses terres, quand par son credit on empêche les soldats d'y venir loger, & que les Fermiers ou Tenanciers ne soient trop chargez de tailles, d'impositions.

CONSERVER, se dit aussi en choses morales & spirituelles. Cet homme a conservé son bon sens, sa memoire jusqu'à sa derniere vieillesse. il a conservé son credit, sa reputation, son autorité, ses droits, &c. il a conservé son amour, sa colere, sa vengeance, &c.

On dit aussi, qu'un homme s'est conservé entre deux partis, pour dire, qu'il est demeuré neutre, également amy de l'un & de l'autre.

On dit aussi à la guerre, qu'un Officier, qu'un corps a été conservé, pour dire, qu'il n'a pas été cassé dans une reforme generale des trouppes.