s. m. Partie retranchée d'un des côtez d'un corps de figure ronde. C'est ce qu'on appelle en Geometrie segment de cercle, ou la partie d'un cercle comprise entre l'arc & la corde. Ainsi on appelle chanteau, une piece ronde d'un costé, & en droite ligne de l'autre, qu'on applique à un manteau, ou à une autre chose qu'on veut faire ronde. Quand les estoffes ne sont pas assez larges, on ne peut faire un manteau sans y adjouster des chanteaux. ces meules de moulin sont si grosses, qu'il y faut appliquer des chanteaux. Ce mot vient de cantellum, diminutif de cantum. Menage.

On dit aussi, le chanteau d'un pain benit, cette partie qu'on coupe en entamant le pain benit, ou en le coupant par un de ses bords, pour envoyer à celuy qui a rendu le pain benit, ou à celuy qui le doit rendre au premier jour.

On appelle aussi chanteau, l'entameure d'un pain domestique, ou un gros quartier qu'on en retranche.

On appelle aussi chanteau, une grosse piece de pastisserie formée en long, & de même que la bordure du pain benit, qu'on fait faire pour envoyer à ses parens & amis, à cause que celuy qu'on a renvoyé de l'Eglise n'y peut pas suffire : & parce qu'on le fait de paste plus fine, on l'appelle autrement cousin, à cause qu'on l'envoye à ceux qui touchent de plus prés, ou qu'on aime le mieux.

On dit proverbialement, qu'on a donné le chanteau à quelqu'un, pour dire, que c'est à luy à faire au premier jour & à son tour ce que les autres ont fait devant luy. On dit depuis quelque temps, qu'on luy a donné le bouquet.